Jour de Colère, sur place

D’abord, l’information est confirmée : quand on scande « Hollande » toute la journée, il pleut.

Le nombre : mesuré à plus de 50  000 par notre expert en manifestations, qui atteint bientôt les 60 ans de pavé, et qui confesse les soirs de joie ses souvenirs sur le rassemblement du 7 novembre 1956 pour soutenir la Hongrie, rassemblement qui fixe encore aujourd’hui la contenance des Champs-Élysées à 1 million de personnes [1. Les Champs étant ce jour là à moitié remplis, on a estimé la manifestation à 500 000 personnes, ce qui a joué dans le renfort de l’autorité gaulliste].
50 000, c’était pour moi le « seuil de succès » de cette mobilisation d’un mouvement sans parti, sans syndicat, sans paroisse ; ce qui augure d’un printemps… colérique !

Les heurts : montés en épingle par les médias dominants, ils se sont produits (pour tous ceux que j’ai pu voir) exclusivement après la dispersion de la manif, et ont été largement provoqués par les manipulations policières :

  • fermeture de la place après l’arrivée du cortège, au point que vers 17h45, sentant la dispersion arriver, je me suis demandé par où on allait sortir ;
  • dispersion à 18h09 et première lacrymo avenue de Villars à 18h16, 7 minutes seulement. D’après les témoins, il s’agirait de provocateurs qui ont chargé les barrières (que faisaient-elle là ?). J’étais au bord de la place à ce moment là, et j’ai vu 500 personnes fuir les gaz, dans un mouvement assez impressionnant de jeunes filles, de quinquas, de dames…
  • actions étranges, avec l’attaque brutale du camion régie par des gens sortis de nulle part ; cette action était sans commune mesure de violence avec les gestes de colère à l’encontre des journalistes qui ont paru dans les médias
  • attaque des CRS par des provocateurs en civils qui passaient d’un côté et de l’autre de la ligne sans souci
  • la souricière avenue de Tourville

Je me permets donc de corriger des journaux malencontreusement mal informés : « C’est au moment de la dislocation du cortège que la police s’ attend provoque à des incidents« .

Ces manœuvres s’achèvent dans un ratage lamentable de l’Intérieur qui interpelle et met « au frigo » 250 manifestants environ, dont trois journalistes et un prêtre, pour ne poursuivre que 8 manifestants. Si on avait arrêté les provocateurs, on aurait pu en poursuivre 50… Face à Valls qui veut « briser la contestation », les manifestants se sont montrés fermes et résolus.

twitter.com/Herissident/status/428144791298531328

Certains manifestants, très minoritaires, ont pu être plus prompts à se laisser provoquer ; je témoigne que, contrairement aux inquiétudes de certains, les « quenelliers » et les français de branche n’ont pas été mêlés à ces incidents sur la place Vauban et que le groupe « Liberté d’Expression » a été splendide, tant en mobilisation qu’en enthousiasme.

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